Une piste cyclable kafkaïenne. Ou devosienne. Rue Peyssonnel, Marseille

Une piste cyclable kafkaïenne. Ou devosienne. Rue Peyssonnel, Marseille

Je me régale d’aller au boulot en vélo. Descendre l’avenue de Saint-Antoine, l’avenue de la Viste, la rue de Lyon, jusqu’à la Joliette. Et la remonter (avec l’assistance électrique !).

Je ne cacherai pas que j’éprouve un petit plaisir simple à épater tous ces proches qui s’étonnent qu’on puisse oser faire du vélo à Marseille, et encore moins dans les quartiers nord.

Il faut reconnaître que l’aménagement cyclable de Marseille est proche de zéro.

Pire, ils ont inventé l’anti-vélo absolu.

Regardez bien cette photo : une belle piste cyclable sur un sens unique, qui s‘interrompt brutalement. Non, non, il n'y a pas d’échappatoire, ni à droite, ni à gauche. Quelqu’un a osé ça !

Pourtant, ce n’est pas que par bravade que je continue à tenter le vélo : j’y insulte rarement les voitures, moins qu’à Aix-en-Provence en tout cas.

Deux raisons à cela.

La circulation est tellement chaotique dans la journée que les voitures ne vont pas bien vite. Il suffit de savoir naviguer entre les voitures arrêtées sur la chaussée (il faut bien aller chercher son pain ou boire un coup…) et les bus bloqués par une voiture mal garée, et vous allez deux fois plus vite que les autres.

Mais je ressens aussi que j'inspire une sorte de respect : ce respect entre sidération et sympathie que chacun a pour les comportements hors norme qui nous surprennent. Peu de queues de poisson, ou d’accélérations rageuses pour marquer que le vélo gêne, comme j’en voyais à Aix. La plupart des voitures patientent derrière moi si la chaussée est trop étroite, me doublent en s’écartant.

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