Métropole

La Gavotte : à 500 mètres de la limite de Marseille et de ses quartiers nord, en totale continuité du tissu urbain.

Mais nous sommes aux Pennes-Mirabeau, dans la communauté d'agglomération du pays d'Aix.

Tout de même, restons entre gens fréquentables.

Nous ne partageons pas les mêmes poubelles. Ni les mêmes transports en commun : les bus de la RTM, la régie marseillaise, ne viennent pas jusqu'ici. Les Bus de l'Etang qui desservent la commune n'entrent pas dans Marseille. Et tant pis pour les clampins qui iraient bien d'un territoire à l'autre.

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"Les Pennes-Mirabeau, bonnet d'âne pour la création de logements sociaux", a titré le Monde (26 octobre 2015). "Aux Pennes-Mirabeau, on aime valoriser le côté provençal de la commune, avec son moulin à la Daudet et ses pinèdes. Une image doublée d’une prospérité due à la présence sur son territoire de Plan de Campagne, l’un plus grands centres commerciaux de France, ou encore de l’usine d’embouteillage Coca-Cola. (...) La commune est mitoyenne avec les 15e et 16e arrondissements de Marseille et leurs grandes cités (La Castellane, La Bricarde, le Plan d’Aou). Le slogan ici c’est : on ne veut pas être le 17e arrondissement de Marseille". Tout est dit.

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Mme Joissains, la présidente de notre agglomération, veille au grain.

Après l'élection de François Hollande, elle l'avait déclaré illégitime sur sa bonne ville d'Aix-en-Provence. Citoyen aixois à l'époque, j'avais cru devoir réagir modestement, par une petite pancarte visible de l'avenue.

Elle a promis d'installer des miradors aux entrées sud d'Aix pour protéger sa ville de la racaille marseillaise.

C'est dans le même esprit qu'elle a renoncé à l'ouverture d'une halte ferroviaire à Luynes sur la ligne Aix-Marseille. On préfère crever dans les bouchons que de risquer l'invasion.

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Alors vous pensez, une métropole qui mélange la racaille et la bonne société !

Récemment, Mme Joissains a fait part de sa volonté de faire voter en conseil communautaire une métropole ... sans Marseille. Qu'importe la loi de la République.

Elle a donné pour consigne à toutes les communes de gaspiller les crédits restants avant le 31 décembre 2015 pour ne pas les verser à la nouvelle métropole.

Et tous les élus, de droite comme de (prétendue) gauche de s'exécuter: promenez-vous, vous verrez tous ces chantiers de réfection de voirie. Plutôt un rond-point inutile que de donner un sou à ces rats de Marseillais.

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Vision étriquée...

Certes la Métropole sera un gros machin, et on peut craindre sa lourdeur administrative. Pire que MPM aujourd'hui ?

Mais à force de découper le territoire en agglomérations sans queue ni tête, au gré des copinages et des haines farouches, nos chers élus, unanimement contre la nouvelle métropole, en sont les premiers responsables.

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Ne vaut-il pas mieux partager le destin de ceux que l'on craint tant - par méconnaissance le plus souvent - ? En cherchant à influer sur la destinée de ces quartiers, je protège davantage mon avenir qu'en construisant des barrières qui ne sont qu'illusion, mais qui attisent les rancoeurs et les haines.

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